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Bibdoc 2009 - Conférences

Dominique Lahary, directeur de la bibliothèque départementale du Val d'Oise.

Jean-Philippe Accart , directeur des bibliothèques scientifiques de l'Université de Genève.

Conférence du matin 9h30-10h30 (D. Lahary) - 45 min. de conférence puis questions
Sujet de la conférence : Contextes des bibliothèques virtuelles aujourd'hui.
 
Conférence 15h15-16h15 (J.-P. Accart) - 45 min. de conférence puis questions
Sujet de la conférence : Usages du numérique en bibliothèque.

Dominique Lahary questionne fréquemment le concept de bibliothèque virtuelle et l'essentiel de ses écrits sont sur son site professionnel .

Jean-Philippe Accart est l'auteur des services de référence : du présentiel au virtuel. Ed. du Cercle de la Librairie , 2008 et du métier de documentaliste , rééd. 2008 chez le même éditeur. [Les ouvrages de J-P Accart].

La place du professionnel de l’information s’est modifiée par rapport à l’environnement numérique actuel, et ce, à plusieurs niveaux et à plusieurs étapes du traitement et de la diffusion de l’information : elle devient de plus en plus centrale car il est présent à chaque étape. Plutôt que d’un nouveau rôle du professionnel, il s’agit d’une extension de ses compétences et aptitudes à gérer l’information. Plusieurs aspects de l’environnement numérique actuel sont pris en exemple dans cette intervention : la numérisation, les archives ouvertes, la référence virtuelle ou l’apprentissage à distance. La relation de service avec l’utilisateur devient alors de plus en plus virtuelle.
D. Lahary .mp3
Pour débuter cette journée, Dominique Lahary a défini, ce qu'est une bibliothèque virtuelle.

Il a déroulé son raisonnement en quatre points :

Bibliothèque(s) numérique(s)
La fabrique de la rareté
Le service numérique
Bibliothèque(s) virtuelle(s)

La bibliothèque numérique est avant tout une bibliothèque, c'est-à-dire une collection organisée de livres, un fonds documentaire qui a aussi pour fonction de répondre aux besoins des usagers. Le numérique est un support. C'est donc une collection organisée de documents numériques. Mais le numérique change la notion d'unité bibliographique car il n'y a plus le début et la fin, du livre et de la bibliothèque. Ce n'est pas un document, mais seulement une image de celui-ci qui s'affiche sur notre écran.
Quand le numérique explose l’unité des bibliothèques, on se retrouve vite face aux « numéricothèques », qui ne présente ni début ni fin. Dominique Lahary a décrit ce phénomène de « soupe aux grumeaux ».
Sur Internet, il y a des bibliothèques, mais peu d'internautes les connaissent et y vont spontanément. La plupart y entre par le biais d'un moteur de recherche. Dominique Lahary a appelé cela « rentrer par la fenêtre et pas par la grande porte ». C'est-à-dire qu’ils n’ont pas écrit l'URL dans la barre d'adresse et qu'ils ne sont pas arrivés sur la page d'accueil. La recherche est effectuée selon des mots clef qui ne mène pas forcément sur le portail d’accueil de la bibliothèque numérique.

Il a précisé que chaque bibliothèque peut proposer un accès sur place et à distance à la liste des documents qu'elle prête, ou à d'autres informations la concernant.

Il a également posé la question de l'organisation sur Internet. En effet il y a tellement de documents et d'informations qu’il est difficile de s’y retrouver clairement sans éviter « le bruit » ou même le « silence » documentaire. L’organisation est alors effectuée par l'industrie de l'accès, donc les moteurs de recherche et les portails. L'ensemble des bibliothèques en nuages (les bibliothèques d'Internet) et les bibliothèques locales forment la bibliothèque globale. Chacune est importante et fait partie d'un tout.

La gestion des différentes productions liées au site Internet peut ensuite être gérée par un certain nombre d’outils. Aujourd’hui, comme le souligne Dominique Lahary, les wikis et les blogs s’imposent sur le net de manière croissante puisqu’ils présentent de nombreux avantages dans leurs fonctionnalités notamment dans le fait que les informations peuvent être modifiées ou produites par les internautes. Ces supports numériques sont gérés par les CMS (Content Management System). Ces sites d’information parallèle où « l’industrie des commentaires » et le « partage des ressources » sont les maîtres mots ont été transféré dans un web parallèle et associé au web d’origine : le web 2.0. Il est vrai que l’on pourrait croire que ces ensembles représentent « un bordel monstre », mais les gens s’y retrouvent. Le métier qui nous concerne est d’essayer de maîtriser ce nouveau monde ici décrit.

En parlant de la rareté, Dominique Lahary nous rappelle que beaucoup de choses autour de nous sont rares. Les réserves d'énergie, l'agriculture et l'eau en font partie. Il démontre par là que l'économie est la gestion de la rareté. En effet, si une chose est rare, son prix augmentera, il y aura donc moins d'acheteurs.
Une bibliothèque est quelque chose de rare car elle possède des biens rares. Mais avec le numérique, l'univers de l'information et du culturel a basculé dans l'abondance. Le numérique et l'Internet permettent 3 choses : la « copiabilité » (tout est copiable), l'achronie (tout est disponible tout le temps), l'atopie (tout est disponible de partout). La bibliothèque perd donc de sa rareté. Il est cependant possible de limiter l'accès à certains documents numériques. Pour cela on peut rendre l'accès payant, créer des documents qui s'autodétruiront après une période donnée, contrôler l’accès par un mot de passe en installant des DRM, ou encore installer des anti-copiages.

Comme le disait Dominique Lahary au début de la conférence, une bibliothèque a aussi pour fonction de répondre aux besoins des usagers. Mais quant n'est-il pour une bibliothèque numérique ? Les bibliothécaires ne sont plus en contact direct avec les usagers. Il y a tout de même des services à effectuer, par exemple une rubrique questions / réponses ou FAQ qui aide à utiliser les sites, mais aussi tout simplement de conseiller les usagers qui en on besoin par mail.

Dominique Lahary pose la question de bibliothèque virtuelle. Faut-il que toutes les bibliothèques soient virtuelles ? Sa réponse est non. Il faut que les bibliothèques soient seulement en partie numériques. Si elles mettent toutes leur fonds accessible en ligne, ce serait inutile car elles auront sûrement bon nombre de documents identiques. Par ailleurs, dans l’optique de limiter la fraude, il propose de mettre en place des portails blancs. C'est-à-dire, créer une liste de sites accessibles depuis les bornes wifi publiques, tout en retirant les sites des bibliothèques numériques. Car lorsque quelqu'un fraude d'un espace public, il est impossible de l'identifier.

Pour clore son discours, Dominique Lahary s’attarde sur le concept de virtualité qui permet de redéfinir les limites de la « numéricothèque » énoncé au début de la conférence. La bibliothèque numérique est en soi une bibliothèque, mais il s’agirait plutôt comme il le dit « d’une bibliothèque pas vraiment réelle ».

En définitive, toutes les bibliothèques ont besoin d'un site Internet ne serait-ce que pour transmettre des informations tel que les horaires d'ouverture, ce qui permet aux usagers de connaître la bibliothèque et de les inciter à venir sur place. Mais il faut préciser que la véritable révolution est cette pénétration dans la phase de transition du métier, celle qui consiste à entrer dans la génération de la société de l’information, à en maîtriser et gérer le contenu. Nos missions changent. Le protectionnisme doit s’ouvrir et l’interaction des métiers de l’information sont les éléments essentiels de cette mutation.

Compte-rendu des étudiants de l'IUT de Tours Infocom - Option Gido
J.-P. Accart .mp3
Lors de cette conférence, Philippe Accart nous a présenté les bibliothèques virtuelles en montrant leur relation et leur complémentarité avec les bibliothèques physiques et leurs usagers. Il a défini une bibliothèque virtuelle comme étant une collection organisée de documents numériques.

Pour lui, il existe un lien entre une bibliothèque virtuelle et une bibliothèque physique. Toutes les deux comprennent : des documents et des collections numérisées, des catalogues en ligne enrichis (contenant un espace « critiques et commentaires » pour les lecteurs), des bases de données et des archives ouvertes. Ces bibliothèques fournissent des services à distance, tels que des services de références, comme les wikis, les fils RSS, les alertes ou encore les blogs (technologie web 2.0). Elles offrent également des produits numérisés (bibliographies, dossiers, signets) permettant à l’utilisateur de rechercher des informations. Ainsi, la bibliothèque virtuelle s’inscrit dans un « environnement numérique » constituée d’éléments très divers, que la technologie permet de diffuser à distance. Autrement dit, ce sont les utilisateurs de l’information qui s'ancrent dans ce paysage numérique.

Ces derniers participent en effet, à l’évolution des supports de l’information et de leurs contenus ; à l’apprentissage de nouvelles technologies, à l’appropriation de l’information mais aussi à la (re)création de l’information.

Concernant toujours les utilisateurs de l’information, Philippe Accart a développé une problématique sur l’usage qu’ils font d’internet aujourd’hui. Il a employé ainsi le terme de « génération Google » ou de « always on » (qui signifie « connecté en permanence ») pour qualifier cette nouvelle génération d’internautes. Celle-ci utilise généralement Internet comme un moyen de recherche global, et non comme un outil dédié aux recherches de sites de bibliothèques numériques (qui pourraient lui fournir des informations plus spécifiques à sa recherche et surtout plus fiable). En effet, ce que l’on constate est que ces personnes connectées en permanence, effectuent des recherches rapides, factices, peu approfondies qui ne font que brasser l’essentiel. Ces recherches sont purement basiques.

De ce fait, si Internet est utile à la recherche d’informations en tout genre, qu’en est-il des bibliothèques et des services de documentation ? Telle est la question que se posent les usagers et les producteurs des bibliothèques (physiques et virtuelles).

Pour répondre à ce problème, Philippe Accart pense que les bibliothèques devraient s’approprier et suivre les évolutions de la technologie, comme celle du web 2.0. Ainsi, les bibliothèques pourraient créée un blog, un wiki ou un forum avec les lecteurs afin qu’ils puissent donner leur avis, échanger et faire des propositions. D'autres technologies sont également importantes pour attirer les utilisateurs. Il peut s'agir de fils RSS , de services de références virtuels (courriels, chat...), de e-learning (formation à distance) ou d'envoi de SMS par téléphone portable, pour informer les lecteurs des nouveautés des bibliothèques.

En utilisant la technologie, les bibliothèques vont pouvoir être au plus près des besoins des utilisateurs et pénétrer leur mode de vie. Pour cela, elles vont (en plus de proposer un catalogue en ligne) personnaliser les produits et services proposées, en créant un dossier personnel propre à chaque utilisateur. De plus, c'est en étant présent dans les réseaux sociaux,comme, Facebook, Xing, Flickr, delicious ou secondlife que les bibliothèques vont pouvoir pénétrer les modes de vie de leurs usagers.

Dans une seconde et dernière partie, Philippe Accart a évoqué une problématique importante, concernant l'avenir des bibliothèques physiques. En effet, on constate aujourd'hui, qu'elles sont beaucoup moins fréquentées par les entreprises. Ce fait s'explique par la prédominance d'internet et du moteur de recherche « Google » qui monopolise le monde de l'information.

Cependant, peut-on dire que les bibliothèques physiques ne sont plus utiles aujourd'hui ? La réponse que donne Philippe Accart est non. Il étaye son propos en précisant qu'une étude a montré en février 2007 que 90 % des personnes qui consultaient des sites Internet, se déplaçaient également vers des bibliothèques.

Pour clore ce sujet, on peut dire que malgré les nombreuses ressources disponibles en ligne, les bibliothèques physiques sont encore utiles. La consultation à distance ne supprime pas la consultation sur place.

Compte-rendu des étudiants de l'IUT de Tours Infocom - Option Gido